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Autonomiser les autres et façonner les perceptions d’une profession : un entretien avec Vivian Wilson

Le sentiment d’être reliée à un réseau de progrès alimente le service communautaire prodigieux de l’avocate de Kingston Vivian Wilson. Avocate des personnes vulnérables, bénévole locale active, réserviste de l’armée, juriste d’entreprise engagée dans le développement durable et contributrice clé à la récente victoire de la région de l’Est de l’ABO dans le cadre du défi pro bono, elle cherche à avoir un impact partout où elle le peut.

Photo of Vivian Wilson, wearing suit and smiling

Le sentiment d’être reliée à un réseau de progrès alimente le service communautaire prodigieux de l’avocate de Kingston Vivian Wilson. Avocate des personnes vulnérables, réserviste de l’armée, bénévole locale active et juriste d’entreprise engagée dans le développement durable, elle cherche à avoir un impact partout où elle le peut. Après avoir reçu un certificat de reconnaissance au nom de la région de l’Est, qui a remporté le Hotline: Pro Bono Regional Challenge, elle a parlé au magazine JUSTE. du rôle intégral que jouent les avocats dans tous les aspects de la société.

Avez-vous toujours imaginé travailler en droit ?

En grandissant, je pensais travailler dans le domaine de la santé ou dans celui de la conservation. Pendant mon baccalauréat en sciences, j’ai commencé à me familiariser avec l’aspect juridique de la science et de la recherche, de la conformité réglementaire à la propriété intellectuelle. Cela m’a tellement intéressée que j’ai décidé de poursuivre mes études en droit après avoir obtenu mon diplôme. En première année de droit, j’étais absolument certaine de me spécialiser en droit de la propriété intellectuelle, mais au fur et à mesure que je découvrais différents domaines d’activité, je me suis intéressée de plus près à la diversité du droit.

Lorsque je suis passée de la pratique privée à une entreprise, j’ai été captivée par la variété des projets et des domaines d’activité sur lesquels j’ai pu travailler au sein d’une seule et même organisation. Ce n’est pas ce à quoi je m’attendais : c’est bien mieux.

De quelle manière la pratique a-t-elle différé de vos attentes ?

La pratique du droit ne cesse de me surprendre et de m’étonner, mais je pense que mon principal choc initial a été de constater à quel point elle est omniprésente et fait partie intégrante de tous les secteurs d’activité : j’ai pu contribuer à des projets fascinants auxquels je n’aurais jamais espéré participer en tant qu’avocate en cabinet. 

Je ne savais pas grand-chose des fonctions juridiques en dehors du modèle traditionnel des cabinets d’avocats, même après mes études de droit, et j’ai été surprise par toute la gamme des fonctions existantes et par la variété des entreprises dans lesquelles les juristes remplissaient différentes fonctions en entreprise. Je sais que cela surprend aussi d’autres personnes, car tout au long de ma carrière, j’ai reçu de nombreux regards perplexes de la part de mes amis et de ma famille lorsqu’ils apprenaient que je travaillais pour une chaîne de salons de coiffure ou pour une autre entreprise et qu’ils me demandaient : « Mais… n’es-tu pas avocate ?! ». 

L’un de mes objectifs est de travailler avec un cabinet externe pour mettre en place un programme de rotation ou de détachement de stagiaires afin de donner aux étudiants et aux jeunes avocats un aperçu des postes en entreprise et en cabinet privé et d’élargir leur vision des carrières possibles.

Y a-t-il une leçon que vous avez apprise très tôt dans votre carrière et qui continue à vous être utile aujourd’hui ?

La leçon la plus précieuse que j’ai apprise au cours de ma carrière est que l’endurance n’est pas une stratégie. Il vaut toujours la peine de prendre du recul et d’examiner les flux de travail juridiques, les inefficacités et l’arriéré pour s’assurer que les charges de travail sont gérables et que les engagements en matière de niveau de service à la clientèle sont appropriés et réalistes. C’est une leçon simple à apprendre, mais qui peut être difficile à mettre en œuvre. C’est, en tout cas, une leçon à laquelle je reviens régulièrement.

Qu’est-ce qui vous inspire dans votre travail de conseillère juridique d’entreprise ?

Je le trouve motivant, parce que les juristes d’entreprise sont dans une position unique pour façonner la façon dont les avocats et les autres conseillers en matière de risques sont perçus et utilisés au sein d’une organisation, ce qui peut influencer de manière importante la culture générale de l’entreprise. Lorsque les avocats sont proactifs et qu’ils agissent en véritables collaborateurs, il est possible non seulement de façonner la perception de notre profession — et l’engagement à son égard — mais aussi de gérer les risques de manière proactive et de promouvoir des pratiques commerciales éthiques, ce qui a des répercussions sociales et économiques positives en aval.

Pourquoi avez-vous été attirée par Umicore ?

J’ai été attirée par Umicore parce que je m’intéresse à l’économie circulaire et au fait de conserver les matériaux le plus longtemps possible pour éviter les déchets. C’est mon mari qui m’a parlé pour la première fois de cette entreprise, et j’ai commencé à me renseigner sur le modèle d’entreprise en boucle fermée qu’elle utilise pour développer, produire et recycler des matériaux dans le but de créer une valeur durable. Plus je lisais sur ce modèle, plus je savais que je voulais contribuer à une entreprise qui partageait ces valeurs.

L’aspect le plus gratifiant de mon travail est la vaste gamme de projets auxquels je participe et qui ont la capacité d’avoir un impact positif sur les communautés locales et internationales.

Plus généralement, quel rôle le service communautaire a-t-il joué dans votre carrière ?

Le service communautaire a toujours été une priorité pour moi. Je suis caporale dans la Première réserve des Forces armées canadiennes ; j’essaie de consacrer au moins 50 heures par an à des services juridiques pro bono et je fais du bénévolat auprès de plusieurs autres organisations communautaires, notamment ElderDog Canada, un programme fantastique qui aide les personnes âgées à garder leurs compagnons canins en les aidant à répondre aux besoins quotidiens, comme les promenades, les visites chez le vétérinaire et les soins temporaires en cas d’hospitalisation.

Ces activités m’aident à contribuer au bien-être de ma communauté en m’attaquant activement aux problèmes, en fournissant du soutien et en donnant aux autres les moyens de faire de même. Je trouve satisfaisant de voir l’impact positif sur les autres, de me sentir connectée à un réseau de progrès et d’être exposée à des perspectives variées, à des expériences vécues et à des défis uniques. Je comprends mieux les problèmes auxquels sont confrontées nos communautés et j’acquiers des compétences et des connaissances transférables, qui me sont étonnamment utiles dans mon travail et dans ma vie personnelle.

Des faits marquants sur le plan professionnel ?

J’ai travaillé sur des projets incroyables, négocié des transactions complexes et visité des sites et des installations de clients remarquables, mais je pense que mes meilleurs moments professionnels ont tous été des dossiers pro bono. 

Aider les gens à trouver leur voix dans les forums juridiques et à défendre leurs droits est extrêmement gratifiant. Parfois, même la plus petite intervention peut entraîner un changement positif important dans la vie d’une personne. Aider les personnes vulnérables à trouver et à utiliser les ressources et les outils dont elles ont besoin pour se défendre est l’une des choses les plus utiles que je puisse faire en tant qu’avocate.

En parlant de pro bono, vous avez récemment accepté le certificat de reconnaissance au nom de la région de l’est, qui a remporté le Hotline: Pro Bono Regional Challenge de l’ABO. Quelle a été votre expérience de participation à ce défi ?

J’étais déjà bénévole auprès de Pro Bono Ontario (PBO) lorsque j’ai vu l’appel de participation de l’ABO pour le Hotline: Pro Bono Regional Challenge. J’étais donc enthousiaste à l’idée de consacrer mes heures de travail à un défi bon enfant visant à encourager tout le monde à donner du temps aux Ontariens dans le besoin.

Le bénévolat avec PBO est toujours extraordinaire. Le système permet aux bénévoles de s’inscrire facilement à distance et de répondre aux appels par tranches de 4 ou 8 heures, et la plupart des bénévoles aident entre 7 et 13 clients par tranche. PBO dispose d’une équipe de soutien qualifiée et d’un canal de communication ouvert avec les autres avocats bénévoles, ce qui constitue une ressource incroyable (en particulier pour les avocats débutants ou toute personne aidant les appelants dans des domaines d’activité qui ne relèvent pas de leur champ d’action habituel).

Ça a été une merveilleuse surprise d’apprendre que la région de l’Est avait remporté le défi et que j’avais été choisie pour représenter l’équipe lors de notre victoire. J’espère que de tels défis encourageront encore plus de juristes à s’impliquer !